jeudi 19 juillet 2007

World Trip #1: Tanzanie - Zanzibar

3 Juillet 2007 – 10 Juillet 2007


Moni!

Moni, c’est « Bonjour » en Chichewa, langue officielle du Malawi….Enfin du moins la version courte, parce qu’ensuite doivent venir les interminables formules de politesse : "Muli Bwanji ? Ndiro Bwino, kanya ine ? Ndire Bwine, Zikomo, etc etc etc etc"…. qui n’auraient aucune signification si elles n’étaient pas ponctuées de gestes expressifs ; se serrer les mains très fort, les secouer dans tous les sens, se faire une sorte de « Gimme 5 », se joindre les mains poing contre poing, et ensuite éventuellement conclure en se frappant la poitrine gauche avec ce même poing en signe de respect et déférence envers son interlocuteur… Ces civilités sont en outre toujours accompagnées de rires sonores et de larges sourires dont manifestement seuls les Africains ont le secret…
Et croyez moi, même si vous êtes pressé (Ce qui est fortement proscrit sur ce continent), il serait très mal vu de tenter d’écourter ces séances de salutations !!

Mon voyage n’a finalement réellement débuté qu’il y a quelques jours à peine… Pourtant, les expériences sont si intenses que j’ai l’impression qu’il y a déjà une éternité que je suis partie. Aussi, il m’aura fallu peu de temps pour dégoter mon premier petit Eden… et je dois avouer que j’ai bien du mal à en décoller, quand bien même je l’envisagerais un jour…


Mon voyage n’a finalement réellement débuté qu’il y a quelques jours à peine… Pourtant, les expériences sont si intenses que j’ai l’impression qu’il y a déjà une éternité que je suis partie. Aussi, il m’aura fallu peu de temps pour dégoter mon premier petit Eden… et je dois avouer que j’ai bien du mal à en décoller, quand bien même je l’envisagerais un jour…


Mais commençons plutôt par le début… Premières minutes à l’aéroport de Dar Es Salaam, Tanzanie, Je viens à peine de récupérer mon sac a dos qu’un agent de la sécurité m’accoste et me questionne sur mes plans ; j’en sais rien ; pas de plan était à l’origine LE plan..
Farniente à Zanzibar pour prendre des forces peut-être ? Ca tombe bien, le prochain avion pour l’île décolle dans 30 minutes chrono.. c’est parti ? C’est parti !!
L’avion est en fait un minuscule coucou d’une dizaine de places et nous ne sommes que 4. Le pilote prend place : « Y a des Belges qui voyagent ? Enchanté je viens d’Ostende ». On aura vite compris pourquoi un pilote ostendais est venu professer ici dès qu’on aura survolé les magistrales îles coralliennes de l’océan indien…


Zanzibar, rien que le nom est exotique ; belles plages, sable blanc farineux, mer cristalline, poissons multicolores… le paradis du plongeur, et donc des « mzungus » (le nom qui désigne le blanc dans la majeure partie des pays est et sud africains). Les resorts 5* et hôtels chics pullulent le long de la côte, et leurs prix grimpent aussi vite que leur taux d’occupation.
Même dans mon petit bungalow relativement bon marché tenu par un Tanzanien démarrant humblement son business, j’avais l’impression que mon budget explosait à chaque bouffée d’air que j’inhalais. Après 4-5 jours, il était temps de retrouver le continent où l’oxygène elle-même semblait moins coûteuse.


Retour à Dar Es Salaam dans un avion encore plus compact que celui de l’aller. Je mourais de

peur assise à côté du pilote qui trompait difficilement son ennui, regardant sans cesse en baillant par sa fenêtre de gauche contre laquelle il s’endormait à moitié. J’hésiterai tout le temps que durera le vol entre prendre moi-même les commandes ou lui asséner un bon coup de pied pour lui rappeler de regarder droit devant ! Pour la prochaine fois ; je préfèrerais ne pas savoir ce qui se passe dans le cockpit…


J’aurai passé une seule nuit à Dar Es Salaam, y arrivant en fin d’après-midi et prenant le bus le lendemain matin tôt vers le Sud du pays. J’y ai néanmoins rencontré Jason, un New-yorkais en partance vers l’Ouganda pour sa thèse de doctorat, fervent militant anti-Bush, et fier d’être passé sur CNN pour avoir hué Condoleeza Rice lors de son passage sur le campus de la Columbia University. On a bu des Safaris et des Kilimandjaros (noms … un brin emblématiques… des bières locales) toute la nuit en compagnie de Fahrid, un Tanzanien musulman qui de son côté espérait un changement de présidence pour pouvoir étudier l’informatique aux Etats-Unis…l’histoire ne dira pas s’ils finiront ensemble par fomenter un attentat contre l’habitant de la Maison Blanche.. ;-)

On passera l’entièreté de la nuit à discuter tous les trois sur une terrasse miséreuse d’un café d’une ruelle isolée. Pourtant, sur cette même soirée, on aura rencontré une trentaine d’autres tanzaniens, Tanzaniens qui, passant par hasard devant vous, ne sont nullement gênés d’interrompre la conversation pour faire les longues salutations d'usage, s’inviter à votre table, prendre part aux débats, et puis partir, parfois des heures plus tard, de façon tout aussi désarçonnante qu’ils sont venus… Tout le monde discute avec tout le monde dans un vacarme total et une ambiance bon enfant…



Le lendemain soir et 12 heures de bus plus tard, arrivée à Mbeya, sud de la Tanzanie. Les bus tanzaniens sont d’un confort surréel comparé aux pistes sur lesquelles ils opèrent… Quand un « steward » m’a tapé sur l’épaule pour me proposer une bouteille d’eau bien fraîche ; j’ai cru aux effets secondaires de la Safari locale… :-)

Etant la seule mzungu à bord, les gens se montraient on ne peut plus aimables, m’invitant sans cesse à partager leur nourriture - les femmes surtout- mais la majorité de celles-ci n’ayant pas accès à l’éducation, il est rare qu’elles parlent l’anglais ; les conversations se restreignaient dés lors au lexique basique du « Lonely Planet »… Une page et demi ; vous avez le choix entre répéter sans cesse les mêmes mots en souriant bêtement, ou couper court grossièrement et au plus vite à la conversation…

A Mbeya, à l’extrême sud de la Tanzanie, j’ai fait la connaissance de Patrick, guide originaire du Malawi. On a dîné ensemble, et il m’a donné plein de tuyaux pour voyager et séjourner dans son pays. C’est aussi grâce à lui que j’ai trouvé mon petit Eden dont je vous parlais, à Nkhata Bay.
Lendemain, réveil pénible à 5h du matin, je me dépêche car le bus est sensé me prendre dans un petit quart d’heure ... Sauf que j’ai mis du temps à réaliser que je ne me trouvais plus dans la partie touristique de la Tanzanie mais bien en Afrique puisqu'à 9h du matin, j’étais toujours perdue au milieu de la route sans aucun bus à l’horizon…Pourquoi ? Parce que ce dernier était occupé à faire le tour de la ville à la recherche de passagers, et ne daignera certainement pas partir tant qu’il restera le moindre centimètre cube à combler… Quand il arrive, il me faut trouver une place sur un sac de riz ou d’oignons en prenant garde de ne pas écraser les poules qui sont également du voyage. Je me suis néanmoins consolée du temps d’attente en délectant un magnifique lever de soleil sur les montagnes de Mbeya…

Trois heure de l’après-midi ; une tape vigoureuse sur l’épaule me réveille, le bus s’arrête, on balance à terre mon lourd sac à dos qui tenait bon an mal an sur le toit et me signale que nous sommes arrivés près de la frontière du Malawi. A peine le temps de reprendre mes esprits que le bus est déjà reparti et ne dessine désormais plus qu’un nuage de poussière à l’horizon. Je me retrouve dans un village de brousse au milieu de nulle part et me rappelle que la frontière est délimitée par une rivière, c’est donc bien elle qu’il faut maintenant que je trouve, et c’est ce qui me sauvera… si vous demandez « Malawi Border ? », tout le monde vous fait oui de la tête (ben oui, imbécile on est bien à la frontière du Malawi), si vous dites « River », alors là on semble vous indiquer une direction…. Elle est en fait à environ 1 km qu’il faut parcourir sous un soleil de plomb avec 30 kilos sur le dos et des tonnes d’énergumènes qui vous harcèlent pour changer vos devises au marché noir.
Une traversée de la Songwe River et deux cachets sur le passeport plus tard : Malawi, me voilà !!!



4 commentaires:

slinergie a dit…

WAW INCROYABLE!

pour la première fois de ma vie

j'ai lu un de tes posts du début à la fin ;-) (j'ai pris mon aprèm)

Sans déc, c'est toujours pareil avec toi, pas besoin de photos, à la lecture on y est à 100%! Keep on rocking

Philippe a dit…

Cool,

Fais attention a tous ces africains,
ils racontent n'importent quoi ;-)

Bisous
Philou

Gaële Nicodème a dit…

salut Mon Philou, P'tit Lumba! ;-)
Contente d'avoir de tes nouvelles, j'ai pense a toi hier en traversant un village nomme Chilumba.. un lien peut-etre? ;-)
Je pense que je deviens presque plus Africaine que toi...
et je ne parle pas seulement du fait de raconter n'importe quoi! :-)

Fabienne a dit…

Je lis la dernière partie de ton voyage avec délectation, tu es vraiment douée pour l'écriture, on la sent bien, l'ambiance locale. Continue à nous régaler et soit prudente!!Kisss Fabeee